2 février 2026
5 février 2026
Je dirais que c’est la Maison Dourthe qui m’a conduit au monde du vin. Je vis cette maison depuis ma naissance, mon père y ayant fait une grande partie de sa carrière et étant actionnaire depuis 1998. Après Sciences Po, un Master en affaires internationales et un Diplôme Universitaire sur le Monde Asiatique, j’ai rejoint l’EM Lyon, ce qui a ouvert la perspective d’une vie professionnelle tournée vers les affaires. Ma passion pour Bordeaux et ses vins, couplée à l’opportunité d’une expatriation à Hong Kong dans un marché en croissance, ont fini de me convaincre de rejoindre la société en 2014, après un passage chez LVMH en marketing, notamment pour Cloudy Bay.
Oui, un moment très précis : je me souviens d’une discussion en 2ᵉ année de Sciences Po avec deux amis. Nous travaillions l’été dans les vignes du Château La Garde et, entre deux pieds de vigne, nous discutions de l’opportunité de rejoindre l’EM Lyon en double diplôme. C’est un vrai tournant pour moi, car jusque-là, j’étais plutôt parti pour travailler en ONG ou en diplomatie.
Les rencontres ont également été déterminantes : celle avec la famille Thiénot, et particulièrement Stanislas, propriétaire du groupe Arvitis, mais aussi celle de Thomas Percillier, avec qui j’ai travaillé en Asie et qui a été un véritable « mentor » commercial pour moi.
Mon rôle est axé prioritairement sur le développement de la Maison, au plus près des marchés et au service de l’action et de la performance commerciale. Mon périmètre couvre le commerce, le marketing, la communication et les relations publiques, en étroite collaboration avec Pénélope Godefroy, nouvelle Directrice Générale de Maison Dourthe.
Je ne me rappelle pas la première fois, car j’étais trop petit. En revanche, je peux confier qu’à chaque fois que je vais dans un chai, l’odeur du lieu me fait penser à La Garde, un sentiment familier sûrement lié à mon enfance. Et ce qui me frappe aussi, c’est l’attachement de ceux qui y ont travaillé. Tous ont un lien particulier avec cet endroit. La Garde, on s’y attache.
Cette nature foisonnante aux portes de Bordeaux. C’est un véritable écrin de nature préservé au bout d’un chemin communal à Martillac. Il faut y aller pour comprendre qu’il s’y passe quelque chose de spécial, un lien fort entre l’Homme et la nature. Nos études des sols et de la biodiversité ont confirmé ce ressenti, avec une variété exceptionnelle.
L’important projet du « nouveau » La Garde, initié en 2019, qui trouve avec le millésime 2023 ses premiers éléments de preuves organoleptiques. C’est un projet unique et ambitieux, au service de l’expression d’un lieu exceptionnel auquel je suis personnellement très attaché.
2025 est plutôt une belle année. Qualitativement, nous sommes très contents. Les rendements sont en revanche bas, en rouge comme en blanc. Pour une propriété comme La Garde, c’est un vrai sujet économique, d’autant plus lié aujourd’hui au dérèglement climatique.
La Maison Dourthe cherche à exprimer dans les vins, avec précision et sincérité, l’identité des lieux. La Garde est la meilleure illustration de cette ambition.
Nous pouvons maintenant accueillir nos clients professionnels et le grand public à un niveau qui révèle l’ambition que nous portons sur la propriété. À chaque visite, on crée un ambassadeur, car encore une fois c’est un lieu auquel on s’attache. J’aimerais que les gens retiennent l’exceptionnalité de ce cru. C’est un lieu réellement différent et unique, les vins le révèlent, en blanc comme en rouge.
Être en contact direct avec les marchés, car ce cru mérite qu’on l’explique, qu’on passe du temps à le présenter. Commerce et production ne sont pas antinomiques : c’est pour Maison Dourthe les deux jambes d’un même corps, depuis toujours. C’est notre ADN.
En restant au plus près des clients et des consommateurs. Nous vendons nos vins principalement via des distributeurs, mais nous devons aussi être attentifs aux attentes finales. Ce qui m’enthousiasme, même dans une période compliquée, c’est que les amateurs restent très positifs sur nos vins et nos initiatives. Il faut garder le cap, être à l’écoute, et accepter les axes d’amélioration pour avancer. L’hétérogénéité des millésimes à Bordeaux nous apprend à remettre en cause les acquis et à nous adapter dans nos itinéraires de production. Cet état d’esprit ne doit pas s’arrêter à la mise en bouteille. Enfin, nous devons aussi apprendre à faire savoir. Bordeaux est une région magnifique par sa diversité et sa concentration de compétences.
Continuer à exprimer ce lieu magique dans les vins, avec obsession, et le faire savoir sur les marchés.
Comment travaillez-vous, au quotidien, pour aligner exigence qualitative et performance ?
Mes priorités au quotidien sont de faire connaître la vision de la propriété et de porter sur les marchés le travail exigeant mené dans les vignes et au chai. Cela implique d’être en contact régulier avec les équipes de La Garde, de participer à certaines dégustations, et de rester informé et à l’écoute de leur réalité pour mieux la transmettre et la valoriser.