28 mai 2026
3 août 2026

Quelle place la biodiversité occupe-t-elle dans un vignoble ? Pour répondre à cette question, le Château La Garde a confié à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) Aquitaine la réalisation d’un diagnostic écologique complet de sa propriété. L’objectif était d’établir un état initial de la faune présente afin d’identifier les enjeux écologiques du domaine et de disposer d’une base de travail pour orienter d’éventuels aménagements et en suivre les effets dans le temps.
Menée selon des protocoles scientifiques nationaux, l’étude a porté sur plusieurs groupes d’espèces : oiseaux, papillons de jour, libellules, amphibiens et chauves-souris. Toutes les observations ont été géolocalisées et intégrées à la base de données Naturalist de la LPO, afin de garantir leur traçabilité dans le temps.

Les résultats mettent en évidence une biodiversité diversifiée, favorisée par l’hétérogénéité des milieux présents sur la propriété. Les inventaires ornithologiques ont notamment permis de recenser 56 espèces d’oiseaux, représentant 386 individus observés ou entendus sur ou à proximité des parcelles. Parmi les espèces recensées figurent notamment l’Alouette lulu, le Bruant zizi, la Chevêche d’Athéna, le Faucon crécerelle, le Guêpier d’Europe ou encore le Chardonneret élégant. Si certaines espèces utilisent ponctuellement les rangs de vigne pour s’alimenter ou nicher, la majorité des observations se concentre autour des haies, des boisements, des zones bâties et des prairies, qui offrent davantage de ressources alimentaires et de sites de reproduction.
Parmi ces oiseaux, 17 espèces présentent un intérêt patrimonial, en raison de leur statut de conservation ou de leur inscription sur la liste rouge nationale. L’étude montre que ces espèces sont principalement associées aux secteurs les plus diversifiés du domaine. Les espèces davantage liées au vignoble, comme l’Alouette lulu, le Bruant zizi, la Linotte mélodieuse ou le Chardonneret élégant, sont quant à elles observées en priorité dans les parcelles enherbées et à proximité des haies et bosquets.

Les inventaires consacrés aux insectes attestent de cette tendance. La LPO a recensé 33 espèces de papillons de jour pour 519 individus. Parmi eux figurent notamment le Flambé, le Citron, la Belle-Dame, le Vulcain, le Souci, le Paon du jour ou encore l’Azuré du trèfle. Là encore, les lisières, les bandes enherbées et les chemins végétalisés concentrent l’essentiel des observations, tandis que les parcelles de vigne elles-mêmes accueillent peu d’espèces. Aucune des espèces recensées n’est considérée comme menacée au niveau national, mais leur diversité dépend fortement de la richesse de la végétation, de la présence de fleurs et de la variété des habitats.
Au-delà de cet inventaire, l’étude souligne un constat largement partagé en écologie viticole : ce ne sont pas uniquement les vignes qui déterminent la richesse biologique d’un domaine, mais aussi l’ensemble des milieux qui les entourent. Les prairies, haies, mares, boisements et autres espaces semi-naturels jouent un rôle essentiel en offrant des habitats complémentaires à de nombreuses espèces. C’est sur cette base que la LPO propose plusieurs pistes de gestion destinées à conforter les continuités écologiques du domaine et à favoriser durablement la biodiversité.
